J’ai une bougie que je refuse de brûler depuis des années.
Ce qui est quand même assez problématique quand on réfléchit deux secondes au concept même d’une bougie 😂. Elle est jolie, elle sent bon, elle est dans un beau contenant. Et chaque fois que je la regarde, je me dis :
« Non, pas celle-là. Je la garde pour une occasion spéciale. »

Quelle occasion ? Aucune idée. Visiblement, j’attends un événement suffisamment important pour justifier la combustion de 300 grammes de cire 😅. Alors elle reste là, je la regarde, je la déplace parfois, je dépoussière probablement davantage son contenant que je ne profite réellement de la bougie. Et récemment, je me suis demandé ce que j’étais exactement en train de préserver. Parce qu’une bougie qu’on ne brûle jamais finit par devenir un objet dont la principale fonction est… d’attendre d’être une bougie 😂
Je garde ça pour plus tard
Le problème, c’est que la bougie n’est pas toute seule. On a tous, je crois, des choses qu’on garde pour « une occasion ». Le joli carnet dans lequel on n’ose pas écrire parce qu’on pourrait gâcher la première page. Et vu ma relation déjà légèrement compliquée avec les carnets, je suis manifestement capable de leur inventer beaucoup de problèmes 😂.
Le vêtement qu’on adore mais qu’on ne porte pas parce qu’il est « trop beau pour tous les jours », la belle vaisselle, le parfum qu’on économise, une bouteille qu’on ouvrira quand il y aura quelque chose à fêter. Et parfois même, dans mon cas, une pierre que je trouve tellement belle que j’hésite presque à la manipuler. On possède ces choses, on les aime. Mais bizarrement, on n’en profite pas.
Parce qu’aujourd’hui ne semble jamais être une occasion suffisamment importante.
Alors on attend.
Mais on attend quoi, exactement ?
Je ne suis évidemment pas en train de dire qu’il faut utiliser immédiatement tout ce qu’on possède sous prétexte qu’on pourrait mourir demain 😅
Il y a des objets précieux qu’on a envie de préserver, des souvenirs qu’on garde justement parce qu’ils ont une valeur particulière, et des choses qu’on réserve avec plaisir à certains moments.
Ce n’est pas ça qui m’interroge. C’est plutôt ce moment où préserver quelque chose nous empêche complètement d’en profiter. Parce qu’à force d’attendre le bon jour, le bon repas, la bonne sortie, la bonne saison ou la bonne raison… le temps passe quand même. Le parfum change, le vêtement ne nous va plus, le carnet reste vide et la bougie prend la poussière.
Tout ça pour avoir réussi à conserver quelque chose parfaitement intact.
Super 😂
La citrine et le droit de profiter
C’est là que la citrine naturelle s’est invitée dans ma réflexion cette semaine. On la présente très souvent comme une pierre d’abondance et de prospérité. Et forcément, le mot « abondance » finit rapidement par évoquer l’argent, la réussite, ce qu’on voudrait obtenir davantage. Mais j’aime aussi le regarder dans l’autre sens.
L’abondance, c’est savoir recevoir ce qui est déjà là.
Profiter, apprécier, s’autoriser quelque chose simplement parce que ça nous fait plaisir, sans attendre d’avoir suffisamment travaillé, suffisamment réussi ou trouvé une occasion suffisamment importante pour le mériter.
C’est une dimension que j’aime dans la citrine : son énergie solaire, le rayonnement, la joie, l’ouverture.
Pas comme une pierre qui ferait apparaître davantage de choses dans notre vie. Plutôt comme un symbole qui me rappelle de ne pas passer à côté de celles qui y sont déjà.
Parce qu’on peut posséder beaucoup et vivre constamment dans l’attente de plus, comme on peut avoir peu et savoir pleinement apprécier ce qui est là.
J’ai fini par l’allumer
Oui.
La fameuse bougie 😂
Pas pour mon anniversaire, pas pour célébrer une grande nouvelle, pas pour un rituel particulier. Je l’ai allumée un soir parfaitement ordinaire. Et tu sais quoi ? Il ne s’est absolument rien passé.
Enfin si, elle sentait bon, la lumière était jolie. Et j’en ai profité. C’était donc bien son rôle depuis le début 😅
Je ne vais pas prétendre qu’une bougie a bouleversé ma conception de l’existence. Mais elle m’a quand même rappelé quelque chose que j’oublie parfois :
tout ce qui est précieux n’a pas besoin d’être préservé.
Certaines choses deviennent justement précieuses parce qu’on les utilise, parce qu’on les porte, parce qu’on les partage et parce qu’elles finissent par garder les traces des moments pendant lesquels elles nous ont accompagnés.
Alors cette semaine, je vais regarder autour de moi. Pas pour chercher ce qu’il faudrait acheter de plus, juste pour voir ce que j’ai déjà… et dont je ne profite jamais.
La semaine dernière, j’ouvrais déjà mon tiroir à bordel pour regarder tout ce que je gardais « au cas où ». Visiblement, après ce que je garde inutilement, il fallait maintenant que je m’occupe de ce que je garde beaucoup trop précieusement 😂
Bon.
Je vais peut-être laisser tranquille le très beau carnet encore emballé dans mon tiroir.
On ne règle pas tous ses problèmes en une semaine 😂 🌙







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