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J’ai enfin ouvert le tiroir à bordel.

7 sept.
4 min de lecture

Tout le monde a un tiroir à bordel. Enfin, j’espère. Sinon, je vais avoir l’air un peu seule avec le mien 😂

Tu sais, ce tiroir dans lequel on met les choses dont on ne sait pas vraiment quoi faire.

Chez moi, il y a évidemment des câbles. Plein de câbles. Certains appartiennent probablement à des appareils que je n’ai plus depuis des années, mais je les garde parce qu’on ne sait jamais. Le jour où j’aurai soudainement besoin de recharger un Nokia 3310, je serai prête 😂

Il y a aussi des piles dont personne ne sait si elles fonctionnent, des clés qui n’ouvrent apparemment plus rien, quelques vis, un vieux téléphone et plusieurs objets dont je serais parfaitement incapable d’expliquer l’utilité. Mais je ne les jette pas parce que…ça peut servir.


Tiroir rempli de câbles, clés et objets conservés au cas où, symbole du besoin de faire de la place dans sa vie

Cette phrase est probablement responsable de 70 % du contenu de ce tiroir 😅

Et puis l’autre jour, j’ai eu besoin de quelque chose qui, pour une fois, me servait réellement.

Impossible de mettre la main dessus. Alors j’ai commencé à vider le fameux tiroir. Et au bout de quelques minutes, j’étais assise devant un petit tas d’objets en me demandant pourquoi je gardais tout ça.


« Ça peut servir »


Je trouve cette phrase assez fascinante. Parce qu’elle ne veut pas dire :

« Ça me sert. »

Elle veut dire :

« Il existe peut-être, quelque part dans un futur indéterminé, une situation dans laquelle ceci pourrait éventuellement avoir une utilité. »

Ce qui n’est quand même pas tout à fait pareil 😂. Évidemment, garder quelques trucs « au cas où » n’a rien de dramatique. Le problème commence peut-être quand le au cas où prend tellement de place qu’on ne retrouve plus ce dont on a besoin aujourd’hui. Et en regardant mon tiroir, je me suis demandé combien de choses on garde comme ça ailleurs. Des habitudes qui ne nous correspondent plus vraiment, des projets qu’on n’a plus envie de terminer, des obligations qu’on s’est données toute seule. Parfois même des relations qu’on entretient davantage par habitude que par envie.


Tout un tas de choses auxquelles on continue de réserver une petite place parce qu’un jour, peut-être… ou simplement parce qu’on n’a jamais vraiment décidé de les enlever.

Ça m’a d’ailleurs rappelé cette boîte que j’avais gardée pendant des années. Pas vraiment parce que j’en avais encore besoin, mais parce que je n’avais jamais pris la décision de m’en séparer.


Tout ne mérite pas forcément de rester


C’est là que l’obsidienne noire trouve sa place dans ma réflexion cette semaine.

Je l’associe à cette capacité à regarder les choses avec un peu plus de clarté : ce qui est là, ce qui pèse, ce qui prend de la place… et surtout ce qu’on choisit d’en faire. Parce que faire du tri ne signifie pas forcément décider que quelque chose était mauvais. Je crois qu’on cherche parfois une bonne raison pour arrêter, jeter, dire non ou fermer une porte. Alors que certaines choses ont simplement fini de nous servir.

Elles ont eu leur place, elles ont peut-être même été importantes et elles n’ont pas besoin de devenir mauvaises pour que nous décidions qu’elles n’ont plus besoin de rester.


C’est aussi comme ça que j’aime utiliser l’obsidienne : comme un support pour regarder ce qui occupe mon espace et me demander :

« Est-ce que j’ai encore envie de lui faire une place ? »


Obsidienne noire brute aux reflets brillants sur une table en bois, pierre associée au tri et au lâcher-prise

Parfois, la réponse est oui. Parfois, non. Et parfois, c’est simplement :

« Mais qu’est-ce que ce truc fout encore là ? » 😂


Faire de la place avant de remplir


Cette réflexion tombe plutôt bien puisque vendredi, nous serons à la Nouvelle Lune.

Une période qu’on associe facilement aux intentions, aux nouveaux projets et à ce qu’on souhaite faire entrer dans sa vie. Mais cette fois, je n’ai pas très envie de commencer par ajouter quelque chose. J’aurais plutôt envie de regarder ce qui occupe déjà la place. Pas besoin pour autant de faire un grand ménage existentiel et de décider vendredi soir de changer toute sa vie 😅. Mes mauvaises herbes m’ont déjà appris ce qui se passe quand je transforme un petit truc à faire en mission pour plus tard 😂. Une seule chose peut suffire, un objet qu’on garde inutilement, une tâche qu’on peut enfin terminer, un projet qu’on peut officiellement décider de ne jamais finir, une obligation qu’on s’était imposée sans trop savoir pourquoi. Quelque chose auquel on peut simplement dire :

« C’est bon. Tu peux sortir du tiroir. »


Bon, j’ai quand même gardé des câbles


Je ne vais pas te raconter qu’après cette profonde réflexion, j’ai vidé mon tiroir et conservé uniquement trois objets soigneusement rangés dans des compartiments étiquetés. On se connaît maintenant 😂. J’ai jeté certaines choses, j’en ai rangé d’autres… et j’ai gardé quelques câbles dont je ne connais toujours absolument pas l’utilité. Parce qu’apparemment, mon chemin vers le détachement a ses limites 😅

Mais il y a désormais de la place dans le tiroir. Et finalement, je crois que c’est ça que j’ai envie de garder pour cette Nouvelle Lune : faire de la place ne signifie pas forcément tout vider. C’est choisir ce qu’on veut encore garder dedans.

Bon.

Et si quelqu’un sait à quoi sert ce câble noir que je garde depuis 2014, qu’il se manifeste.

Parce que visiblement, je ne suis toujours pas prête à le jeter 😂 🌙

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