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Mes mauvaises herbes, elles, n'ont pas procrastiné 😅

Ça fait plusieurs semaines que je passe devant mes rosiers en me disant exactement la même chose : « Il faut vraiment que j'enlève ces mauvaises herbes. »


Pas maintenant, évidemment. La première fois, il faisait trop chaud. La deuxième, j'avais autre chose à faire. Une autre fois, je crois que j'étais simplement partie chercher quelque chose dans le jardin et que je n'avais absolument aucune intention de finir à quatre pattes dans les rosiers.


Bref, ça pouvait attendre.

Apparemment, les mauvaises herbes n'ont pas reçu l'information.

Parce que pendant que moi je repoussais consciencieusement cette tâche à plus tard, elles ont continué leur petite vie. Elles ont poussé, pris leurs aises et certaines ont même commencé à sérieusement se sentir chez elles.

Et maintenant, chaque fois que je passe devant, je me dis que ce qui m'aurait probablement pris vingt minutes au départ commence doucement à ressembler à un chantier 😅


Mauvaises herbes dans des rosiers illustrant la procrastination et le fait de remettre à plus tard

C'est en les regardant l'autre jour que je me suis fait cette réflexion : finalement, ce qu'on remet à plus tard ne nous attend pas toujours sagement là où on l'a laissé.

Il y a évidemment des choses que l'on peut repousser sans aucune conséquence. Le linge survivra probablement une journée de plus dans sa panière et, contrairement à ce qu'on pourrait croire, le monde continuera de tourner si je réponds à un mail demain matin plutôt que ce soir.


Mais il y en a d'autres qui prennent de la place pendant qu'on regarde ailleurs. Cette conversation qu'on sait qu'il faudrait avoir et qui devient de plus en plus difficile à commencer, ce petit problème qu'on évite parce qu'il n'est « pas si grave » et qui finit par occuper beaucoup plus de place dans notre tête que le problème lui-même, cette décision qu'on repousse de semaine en semaine parce qu'on attend d'être sûre, prête, motivée... ou simplement d'avoir moins peur.


Je crois qu'on appelle un peu trop facilement tout ça de la procrastination.

Parfois, oui, on n'a juste pas envie de faire quelque chose. Mes rosiers peuvent en témoigner 😂 Mais parfois, ce n'est pas aussi simple.

On ne repousse pas forcément parce qu'on manque de volonté. On repousse parce que commencer nous oblige à regarder quelque chose que l'on préférerait encore éviter un peu. Parce qu'on ne sait pas par quel bout s'y prendre, parce que la tâche a tellement grandi dans notre tête qu'elle nous semble maintenant beaucoup plus difficile qu'elle ne l'était au départ. Et peut-être aussi parce qu'on attend ce fameux moment où l'on se sentira enfin prête.


Je l'attends encore pour mes mauvaises herbes.

Je te tiens au courant s'il arrive 😅


En attendant, je me suis rendu compte que l'élan fonctionne rarement comme ça chez moi. Je peux attendre longtemps d'avoir envie de commencer quelque chose. En revanche, une fois que j'ai commencé, même cinq minutes, c'est souvent beaucoup moins terrible que ce que j'avais imaginé.


Cornaline, pierre traditionnellement associée à la motivation, à l'élan et au passage à l'action

C'est exactement ce que m'évoque la cornaline, la pierre que j'avais envie de mettre à l'honneur cette semaine.

On la présente souvent comme une pierre de vitalité, de créativité ou de motivation. J'aime ces associations, mais ce n'est pas forcément ce qui me parle le plus chez elle.

Pour moi, elle représente surtout l'impulsion. Pas l'énergie nécessaire pour gravir toute la montagne d'un coup, juste celle qui permet de faire le premier pas.

Elle ne désherbera évidemment pas mes rosiers à ma place (j'ai vérifié, dommage 😂), mais elle peut devenir ce petit rappel posé près de soi : tu n'as peut-être pas besoin d'avoir envie de tout faire. Tu peux simplement commencer quelque part.


Et je crois que c'est là que cette histoire rejoint finalement plusieurs réflexions que je t'ai partagées ces dernières semaines.

Je te parlais récemment de cette drôle d'habitude que nous avons de vouloir tout porter d'un seul coup. Peut-être que l'autre possibilité, c'est justement de faire deux voyages. De commencer par un sac. Puis de revenir chercher le suivant.

Je te racontais aussi cette vieille boîte que j'avais gardée pendant des années, jusqu'au jour où je me suis demandé pourquoi certaines choses continuaient à prendre de la place dans ma vie simplement parce que j'avais pris l'habitude de les garder.

Mes mauvaises herbes racontent un peu l'autre côté de l'histoire.

Il y a ce qu'on continue à porter. Ce qu'on garde. Et puis il y a ce qu'on laisse pousser en espérant vaguement que ça se réglera tout seul.

Malheureusement, mes rosiers viennent de me confirmer que cette dernière stratégie est assez mauvaise 😂


Alors je ne vais pas te demander quelle grande décision tu vas prendre aujourd'hui, ni quel projet tu vas enfin terminer.

Je vais simplement te poser la question que je me suis posée en regardant mon massif :


C'est quoi, ton petit truc qui aurait pris vingt minutes il y a trois semaines... et qui commence doucement à ressembler à un chantier ?


Quant à moi, normalement, au moment où tu liras ces lignes...j'aurai désherbé mes rosiers.


Normalement 😅🌙

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