top of page

Mon psychiatre a craqué. Enfin… c’est ce que j’ai pensé 😂


Il y a quelque temps, j’étais tranquillement assise face à mon psychiatre quand il a posé deux mots auxquels je ne m’attendais absolument pas.


TSA. TDAH.


Ma première réaction intérieure a été très simple : il a craqué 😂

Vraiment. Pas « tiens, c’est intéressant, voyons ce que ça peut expliquer ».

Non. Il a craqué.

Parce que forcément, quand tu as passé quarante-six ans à fonctionner d’une certaine manière et que quelqu’un arrive tranquillement avec deux mots qui pourraient expliquer une partie du bazar, ton cerveau ne répond pas forcément : « Mais oui, évidemment ! »

Le mien a préféré le déni 😅


Réflexion personnelle après un diagnostic de TSA et TDAH à l'âge adulte

Sauf qu’après, évidemment, j’ai fait ce que je fais toujours quand quelque chose m’interpelle : j’ai cherché. J’ai lu. Beaucoup. Probablement beaucoup trop, d’ailleurs, parce que quand un sujet m’intéresse, j’ai une légère tendance à vouloir absolument TOUT savoir dessus.

Ce qui, avec le recul, est assez drôle dans le contexte 😂


Et c’est là que les ennuis ont commencé.

Parce qu’au milieu de mes lectures, il y a eu un premier :

« Ah. »

Puis un autre.

« Ah oui… quand même. »

Et encore un.

Des petites choses du quotidien auxquelles je n’avais jamais vraiment prêté attention. Des façons de fonctionner que je pensais simplement être les miennes. Des situations vieilles de plusieurs années qui me sont revenues en tête et que j’ai commencé à regarder autrement.

Pas forcément pour tout expliquer par le TSA ou le TDAH. Ce serait probablement aussi absurde que de continuer à tout expliquer sans eux.


Mais suffisamment pour commencer à me dire que, finalement… mon psychiatre n’avait peut-être pas complètement craqué 😅

Les bilans neuropsychologiques que je vais passer permettront maintenant de préciser davantage mon fonctionnement et les difficultés associées. Mais les mots, eux, ont été posés.

Et c’est finalement ce qui m’a le plus remuée.

Parce qu’entre le moment où je suis entrée dans son cabinet et celui où j’en suis sortie, absolument rien n’avait changé.

J’étais toujours moi.

Mon passé était toujours le même. Mes choix, mes réactions, mes difficultés, mes qualités aussi.


Et pourtant, quelque chose avait bougé.

La façon dont je pouvais regarder tout ça.


On entend souvent qu’il ne faut pas mettre les gens dans des cases.

Et je comprends très bien pourquoi.

Une étiquette peut devenir terriblement étroite si on commence à vouloir faire entrer toute une personne à l’intérieur. Je n’ai aucune envie que chaque chose que je fais désormais soit suivie d’un : « Ah bah oui, c’est parce que tu es TSA » ou « Ça, c’est ton TDAH ».

Je reste quand même un peu plus compliquée que quatre lettres. Heureusement 😂

Mais je me demande si on ne confond pas parfois mettre quelqu’un dans une case et lui donner une nouvelle clé de lecture.


Parce que savoir ne change pas ce qui s’est passé.

En revanche, ça peut changer la manière dont on se raconte l’histoire.

Certaines choses que j’ai longtemps considérées comme des défauts méritent peut-être d’être regardées une deuxième fois.

Certaines difficultés que je n’ai jamais vraiment comprises ont maintenant une explication possible.

Et il y a aussi des situations dans lesquelles je me suis jugée sévèrement, parfois pendant des années, que je peux aujourd’hui remettre dans un contexte différent.

Ça ne veut pas dire tout excuser.

Ça ne veut pas dire non plus réécrire quarante-six années de vie en ajoutant « TSA/TDAH » au stabilo sur chaque souvenir 😅

Mais ça permet parfois de revenir vers une ancienne version de soi avec un regard un peu différent.

Et, mine de rien, ça remue pas mal de choses.

Parce que mon premier réflexe serait évidemment de vouloir tout comprendre maintenant.

Reprendre les événements un par un, déterminer ce qui vient d’où, remettre chaque morceau au bon endroit et arriver à une jolie conclusion bien propre où tout aurait enfin du sens.

Autant dire que je ne suis pas rendue 😂


Apatite bleue associée à la fluidité émotionnelle et à l'expression des émotions

Et c’est peut-être justement pour ça que j’ai choisi l’apatite pour accompagner cette semaine.

Je l’associe beaucoup à la fluidité émotionnelle, à cette capacité à laisser les ressentis circuler plutôt que de vouloir immédiatement les retenir, les contrôler ou les bloquer derrière un barrage intérieur.

Elle parle aussi, pour moi, de cette possibilité d’exprimer plus simplement ce qu’on ressent, de s’adapter avec davantage de fluidité et d’accepter parfois sa propre vulnérabilité sans chercher tout de suite à la maîtriser.

Et finalement, c’est peut-être exactement ce dont j’ai besoin maintenant.

Pas d’une pierre qui me donnera des réponses.

Et évidemment pas d’une pierre censée agir sur le TSA ou le TDAH. Ce n’est absolument pas son rôle.

Plutôt d’un symbole qui me rappelle que je n’ai pas besoin de savoir immédiatement quoi faire de tout ce que je découvre.


Je peux trouver certaines explications rassurantes et d’autres franchement dérangeantes. Je peux rire en reconnaissant certains fonctionnements et être beaucoup moins amusée par d’autres. Je peux avoir envie de tout comprendre un jour et décider le lendemain que j’en ai ras-le-bol d’analyser mon cerveau 😅

Je peux aussi simplement laisser tout ça se poser.

Parce que ces deux mots ne sont pas devenus une nouvelle définition de moi.

Ils n’ont rien créé qui n’était pas déjà là.

Ils ne réécrivent pas mon histoire.

Mais ils peuvent m’aider à en relire certains passages autrement.


Et je crois que c’est ça qui m’intéresse le plus aujourd’hui.

Pas tellement la case. La compréhension. Cette possibilité de regarder celle que j’étais il y a dix, vingt ou trente ans et de me dire parfois :

« Ah… peut-être que je t’avais jugée un peu vite. »

Alors pour l’instant, je continue à lire, à observer et à me poser beaucoup trop de questions - ça, visiblement, ça ne risque pas de changer 😂

Je laisse aussi certaines réponses arriver quand elles arriveront.

Et la prochaine fois que mon psychiatre me dira quelque chose qui me paraît complètement improbable… j’attendrai peut-être cinq minutes avant de décider qu’il a craqué 😂🌙


Si tu veux continuer par là…

Cette histoire m’a forcément fait repenser à un article que j’avais écrit sur ces périodes où l’on a l’impression que tout part dans tous les sens, alors que quelque chose est peut-être simplement en train de changer : « Et si tu n’étais pas en train de t’effondrer… mais de te transformer ? »


Parce qu’avec le recul, une transformation ne ressemble pas toujours à une grande révélation suivie d’un magnifique lever de soleil 😅

Parfois, elle commence juste dans le cabinet d’un psychiatre, avec deux mots auxquels on ne s’attendait absolument pas.

Commentaires


bottom of page