Ma liste de choses à faire a un sérieux problème.

J'aime les listes.
Enfin… je crois que j'aime surtout l'idée des listes 😅
Sur le papier, c'est formidable. Je note ce que j'ai à faire, je mets les choses dans l'ordre, je coche au fur et à mesure et, théoriquement, à la fin de la journée, je peux regarder tout ce que j'ai accompli avec la satisfaction du devoir accompli.
Théoriquement.
Parce que dans la vraie vie, ma liste a une particularité assez fascinante : elle ne diminue jamais vraiment. Je peux commencer la journée avec dix choses à faire, en terminer huit et, le soir, mon cerveau ne voit absolument pas les huit petites cases cochées. Il voit les deux qui restent.
Pire. Entre-temps, j'ai généralement trouvé trois autres trucs à ajouter 😂
Résultat : je peux avoir travaillé toute la journée avec cette impression assez absurde de ne pas avoir fait grand-chose.
Et je me suis rendu compte que je faisais exactement la même chose à une échelle beaucoup plus grande.
Je regarde toujours ce qu'il reste à faire
Quand j'ai commencé Magie de la Triple Lune, il y avait énormément de choses que je voulais construire.
Une boutique, des bijoux, des rituels, des soins, des pages sur les pierres, des articles et des projets que je n'avais encore que dans un coin de ma tête...
Puis certaines de ces choses ont commencé à exister. Et forcément, à chaque fois que l'une d'elles existait enfin, j'en avais déjà une autre en tête.
Une page terminée ? Il en reste une autre à faire.
Un article publié ? Il faudra penser au prochain.
Un bijou terminé ? Il faut encore le photographier, faire sa fiche produit, le mettre en ligne…
Je pourrais probablement transformer l'ouverture d'un paquet de café en projet comportant six sous-tâches 😂
Le problème n'est pas d'avoir des projets. J'adore en avoir. Le problème, c'est qu'à force de regarder constamment devant moi, j'oublie parfois de me retourner.
Et avec Mabon qui arrive, la coïncidence est plutôt bien trouvée.
Avant la prochaine récolte, regarder celle qui est déjà là
Mabon est associé aux récoltes, à l'abondance, mais aussi à cette période particulière où la lumière et l'obscurité retrouvent leur équilibre autour de l'équinoxe d'automne.
Évidemment, aujourd'hui, je ne vais pas aller inspecter mes champs pour savoir si les récoltes ont été bonnes. Ce qui tombe assez bien puisque je n'ai pas de champs 😂. Mais l'idée de récolte, elle, me parle beaucoup. Parce qu'une récolte oblige à regarder ce qui a poussé, pas ce qu'on sèmera demain, pas ce qu'on aurait voulu voir pousser davantage, pas la prochaine parcelle qu'on va travailler.
Ce qui est là.
Et je crois que c'est précisément ce que j'oublie régulièrement de faire. Je sais très bien mesurer la distance qu'il me reste à parcourir. Beaucoup moins celle que j'ai déjà parcourue.
Tout ce qui pousse ne ressemble pas forcément à ce qu'on avait prévu
Il y a autre chose que j'aime dans cette idée de récolte. Tout ce qu'on sème ne pousse pas. Certaines choses donnent exactement ce qu'on espérait. D'autres prennent une direction complètement différente. Certaines mettent beaucoup plus de temps que prévu.
Et parfois, malgré tout ce qu'on a fait, ça ne pousse pas du tout.
Ça ne signifie pas forcément que tout ce qu'on a fait avant ne compte plus.
Quand j'ai enfin ouvert mon fameux tiroir à bordel, je me suis déjà rendu compte qu'il y avait des choses que je gardais simplement parce qu'elles avaient eu une utilité un jour. Je crois qu'on peut faire pareil avec nos projets. Continuer à mesurer notre progression avec une ancienne idée de ce que nous pensions devoir obtenir.
Alors qu'entre-temps, on a changé. Le projet aussi.
Et parfois, la récolte n'est simplement pas celle qu'on avait imaginée au moment de semer.
L'aventurine verte et ce qui a déjà grandi

Cette semaine, j'ai choisi l'aventurine verte.
On l'associe souvent à la chance et à l'abondance, mais ce n'est pas vraiment cet aspect qui m'intéresse ici.
Dans mon univers, elle me parle aussi de progression, d'ouverture et de croissance. Pas d'une croissance spectaculaire où tout changerait soudainement. Plutôt de celle qu'on remarque parfois seulement lorsqu'on compare avec ce qu'il y avait avant.
Une façon de poser la pierre devant soi et de se demander :
Qu'est-ce qui a réellement poussé depuis que j'ai commencé ?
Et ça peut être un projet terminé, une décision prise, une habitude abandonnée, quelque chose qu'on sait faire aujourd'hui et qu'on ne savait pas faire il y a quelques mois ou même quelque chose qu'on n'a finalement pas réussi à faire, mais qui nous a appris qu'on ne voulait plus aller dans cette direction.
L'aventurine ne fait évidemment pas ce bilan à ma place.
Elle devient simplement le symbole que je choisis pour m'arrêter quelques minutes et regarder.
Il faudrait peut-être une liste à l'envers
Je crois que je vais donc tenter une expérience.
Et, puisque j'aime manifestement beaucoup les listes, je vais en faire une autre 😂. Mais cette fois, pas une liste de ce que je dois faire.
Une liste de ce que j'ai déjà fait.
Pas uniquement les grandes choses. Tout ce que mon cerveau a déjà classé dans la catégorie « oui bon, ça c'est fait, suivant ». Parce que c'est probablement là que se cache une bonne partie du problème. À force de transformer chaque objectif atteint en nouveau point de départ, je ne lui laisse même pas le temps de devenir une arrivée.
La semaine dernière, je me demandais déjà pourquoi nous avions parfois autant de mal à profiter de ce que nous avons.
Cette semaine, je crois que je vais essayer de faire pareil avec ce que j'ai construit.
Le regarder. Reconnaître que c'est là. Et seulement ensuite réfléchir à ce que j'ai envie de semer pour la suite.
Bon.
Je vais probablement écrire “faire la liste de ce que j'ai déjà fait” sur ma liste de choses à faire.
On ne se refait pas complètement non plus 😂🌙






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