Tu veux changer de vie.
- Cécilia

- 27 juil.
- 6 min de lecture
Mais tu continues à nourrir exactement la même.
Aïe. Oui, je sais, ça pique un peu 😂
Mais attends avant de m’envoyer une malédiction par courrier recommandé, parce que je ne suis certainement pas en train de te dire que « si ta vie ne te plaît pas, c’est parce que tu ne fais pas assez d’efforts ».
Cette petite phrase culpabilisante, on peut la laisser aux gourous du développement personnel qui se lèvent à 5 heures du matin, boivent un jus de céleri et ont apparemment réglé tous leurs traumatismes avant 7h12.
Ce dont j’ai envie de te parler aujourd’hui est beaucoup plus subtil : tout ce qu’on nourrit sans même s’en rendre compte.
Et à quelques jours de Lughnasadh, cette période symbolique des premières récoltes, le moment est plutôt bien choisi pour se poser la question.
Tu veux que quelque chose change… mais quoi ?
Peut-être que tu veux plus de calme, plus d’argent, une relation plus saine, un travail différent, davantage confiance en toi… ou simplement arrêter d’avoir cette sensation étrange de vivre une vie qui ne te ressemble plus vraiment.
Alors tu poses des intentions, tu fais peut-être des rituels, tu tires des cartes et tu demandes un signe à l’Univers. Puis éventuellement un deuxième parce que le premier n’était pas suffisamment clair. Et soyons honnêtes, parfois un troisième, juste pour être vraiment sûre d’avoir bien compris 😂
Sauf que pendant ce temps-là, tu continues peut-être à faire certaines choses qui maintiennent exactement l’ancienne version de ta vie en place.
Et c’est là que ça devient intéressant.
Parce que ce que tu nourris finit par pousser
Pas forcément ce que tu veux, mais ce à quoi tu donnes réellement ton temps, ton attention et ton énergie. Et ce n’est pas du tout la même chose.
Tu peux vouloir la paix tout en restant dans des situations qui t’épuisent. Vouloir une relation saine tout en donnant encore ton énergie à quelqu’un qui ne te donne que des miettes. Vouloir réussir tout en minimisant systématiquement ce que tu fais dès que quelqu’un te félicite.
Tu peux aussi vouloir profondément que quelque chose change tout en choisissant, presque malgré toi, ce que tu connais déjà. Non pas parce que tu es incohérente ou incapable d’avancer, mais simplement parce que l’inconnu, même lorsqu’il pourrait être meilleur, reste… inconnu.
Et parfois, soyons claires, on sait très bien qu’un truc ne nous convient plus.
On le sait depuis longtemps, même.
Mais on continue parce qu’on espère encore, parce qu’on culpabilise, parce qu’on a investi tellement de temps ou d’énergie qu’on refuse d’admettre que ça ne fonctionne plus. Ou tout simplement parce qu’on ne sait pas encore ce qu’on pourrait mettre à la place.
Cet entre-deux est probablement l’un des moments les plus inconfortables à traverser : l’ancienne version de ta vie ne te convient plus, mais la suivante n’existe pas encore vraiment.
C’est d’ailleurs exactement ce dont je te parlais dans mon article « Et si tu n’étais pas en train de t’effondrer… mais de te transformer ? ». Parce qu’il y a des moments où ce qu’on prend pour une perte de repères est peut-être simplement le signe que nos anciens repères ne nous correspondent plus.
Et pourtant, tant qu’on ne sait pas quoi faire d’autre, on continue parfois d’arroser ce qu’on connaît.
Même quand, au fond, on ne veut plus vraiment de ce qui pousse.

Regarde simplement ce que tu arroses
Je ne vais pas te proposer de tout arracher aujourd’hui, de brûler symboliquement ton ancienne vie dans un chaudron et de décider que dès lundi matin tu deviens une nouvelle personne parfaitement alignée qui médite trois heures par jour.
Personnellement, rien que d’y penser, je suis fatiguée 😂
Je te propose quelque chose de beaucoup moins spectaculaire : regarde simplement ce qui prend le plus de place dans ta vie actuellement.
Où va ton temps ? Qu’est-ce qui occupe tes pensées ? Quelles personnes récupèrent le plus gros morceau de ton énergie ? Qu’est-ce que tu continues à faire par habitude, par peur, par culpabilité ou simplement parce que « ça a toujours été comme ça » ?
Parce que finalement, ton véritable jardin est là.
Pas dans ton tableau Pinterest rempli de citations inspirantes. Pas dans la liste d’intentions écrite à la dernière Nouvelle Lune et oubliée depuis dans un tiroir.
Il est dans ce que tu nourris réellement chaque jour.
Et peut-être qu’en regardant honnêtement, tu découvriras quelque chose que tu continues d’arroser par automatisme alors que tu n’as plus aucune envie de le voir grandir : une relation, une peur, une obligation, une croyance ou même une ancienne version de toi à laquelle tu continues de t’accrocher parce qu’elle est familière.
Il y a aussi toutes ces petites phrases qu’on se raconte depuis tellement longtemps qu’on ne les entend même plus : « Je peux pas », « C'est pas pour moi », « Je verrai plus tard » ou ma préférée…
« Quand je serai prête. »
Celle-là pourrait probablement avoir sa propre carte de fidélité chez moi 😂
Mais regarde aussi tout ce qui a déjà poussé
Parce qu’il y a un piège dans lequel on tombe facilement : regarder uniquement ce qui manque.
Ce qu’on n’a pas encore réussi, ce qui n’est pas arrivé assez vite, le projet toujours inachevé, l’objectif qu’on s’était fixé en janvier et qui, six mois plus tard, nous regarde désormais de loin en se demandant manifestement si nous comptons revenir un jour 😂
À force de regarder ce qui manque, on oublie parfois qu’il existe aujourd’hui dans notre vie des choses que la personne que nous étions il y a deux ans aurait regardées avec des étoiles dans les yeux.
Une décision que tu as enfin prise, une limite que tu arrives maintenant à poser, quelqu’un que tu as réussi à quitter, quelque chose que tu as créé, une peur qui est toujours là mais qui décide un peu moins à ta place…
Ou simplement le fait d’être arrivée jusqu’ici après une période où, franchement, tu n’avais aucune idée de comment tu allais faire.
Ça aussi, c’est une récolte.
Et ce n’est finalement pas un hasard si cette réflexion arrive maintenant.
Lughnasadh : le temps de regarder ce qui a poussé
Autour du 1er août arrive Lughnasadh, l’une des fêtes traditionnelles de la Roue de l’Année associée aux premières récoltes.
Bien sûr, il y a toute cette symbolique des champs dorés, du blé, de l’abondance et des jolies tables witchy parfaitement décorées qu’on voit passer sur les réseaux.
Mais derrière cette esthétique que j’aime beaucoup — ne nous mentons pas 😂 — il y a surtout une symbolique que je trouve beaucoup plus intéressante : le moment est venu de regarder ce qui a réellement poussé.
Souviens-toi de janvier. On avait tous des projets, des envies, des intentions et probablement quelques « cette année, c’est décidé, je… ».
Nous voilà plusieurs mois plus tard et le résultat n’est peut-être pas exactement celui qui était prévu.
Certaines graines ont très bien poussé. D’autres n’ont absolument rien donné. Certaines ont produit quelque chose de complètement différent de ce qu’on imaginait et, pour quelques-unes…
Bon.
Visiblement, c’était une mauvaise idée 😂
Ça arrive aussi.
C’est justement ce que j’aime dans l’idée de récolte : elle ne consiste pas seulement à célébrer les réussites en faisant semblant que tout ce qu’on a semé s’est merveilleusement transformé en abondance.
Elle permet aussi de regarder ce qui n’a pas fonctionné et de se demander pourquoi.
Est-ce que j’ai réellement nourri cette intention ? Est-ce qu’elle me correspond encore ? Est-ce que j’ai changé en cours de route ? Est-ce que je veux vraiment continuer à mettre mon énergie là-dedans ?
Parce qu’une récolte nous apprend aussi quelque chose d’essentiel : tout ce qu’on a semé n’a pas forcément besoin d’être ressemé.
Et toi, qu’est-ce que tu veux continuer à faire pousser ?
Je ne vais pas te donner dix questions à recopier dans ton journal ni une liste de vingt choses à faire avant Lughnasadh.
J’ai juste envie de t’en laisser une.
Regarde ta vie telle qu’elle est aujourd’hui et demande-toi :
« Si tout ce que je nourris actuellement continue de grandir pendant encore un an,
est-ce que j’aime la vie que cela va créer ? »
La réponse n’est peut-être pas entièrement oui ou entièrement non. Elle est probablement beaucoup plus nuancée que ça.
Mais elle peut te montrer ce qui mérite davantage de ton énergie… et ce qui, au contraire, pourrait commencer à en recevoir beaucoup moins.
Parce que parfois, on cherche très loin le signe qui va nous dire quoi faire alors qu’il est déjà sous nos yeux.
Il suffit de regarder ce qu’on est en train d’arroser. 🌙
Si tu veux continuer par là…
Si tu te trouves justement dans cette période étrange où tu sais que quelque chose change sans encore savoir exactement ce qui est en train de naître, tu peux lire « Et si tu n’étais pas en train de t’effondrer… mais de te transformer ? ».
Et si tu veux savoir ce que cette idée de récolte signifie très concrètement dans mon propre parcours, je te raconte aussi comment je suis passée du chaos intérieur à la création de Magie de la Triple Lune. Parce que crois-moi, Magie de la Triple Lune n’est absolument pas née un beau matin où tout allait merveilleusement bien et où je me suis dit : « Tiens, si je créais une entreprise ? » 😂
Comme quoi, parfois, on sème quelque chose sans avoir la moindre idée de ce que ça finira par devenir.
🌙






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