Cette petite fille n’a aucune idée de ce qui l’attend.
Je suis retombée sur cette photo de moi. Enfin… sur la moitié de moi 😂

Je ne sais plus exactement quel âge j'avais, ni ce que j'étais en train de faire au moment où elle a été prise. Mais visiblement, la personne derrière l'appareil avait décidé que cadrer l'intégralité de mon visage était facultatif.
Et pourtant, en la regardant, je me reconnais immédiatement. Le sourire, le regard, cette petite fille, c'est bien moi.
Sauf qu'elle, elle n'a absolument aucune idée de ce qui l'attend.
Elle ne sait pas quelles personnes elle va rencontrer, elle ne sait pas les décisions qu'elle prendra, celles qu'elle regrettera, les chemins qu'elle empruntera avec une certitude absolue avant de finalement en prendre un autre.
Elle ne sait pas non plus combien de fois elle pensera avoir compris qui elle est… avant de découvrir quelques années plus tard qu'il reste encore manifestement deux ou trois petites choses à apprendre 😂
Et à deux jours de mes 47 ans, ça m'a fait bizarre de la regarder.
J'ai été beaucoup de personnes depuis cette photo
Pendant longtemps, je crois que j'ai imaginé la vie comme quelque chose d'assez linéaire.
On grandit, on choisit ce qu'on veut faire, on construit sa vie. Et puis, à un moment, on est censé savoir qui on est.
Bon. Manifestement, je n'avais pas lu les petites lignes du contrat 😂
Depuis cette photo, j'ai été une adolescente qui avait certaines certitudes.
Une jeune femme qui en avait probablement encore davantage.
J'ai porté l'uniforme pendant des années et vécu une vie que cette petite fille n'aurait certainement pas pu imaginer.
J'ai été mère, épouse, salariée, entrepreneuse.
J'ai vécu dans différents endroits, quitté des situations que je pensais autrefois durables et commencé des choses que je n'aurais probablement jamais envisagées quelques années auparavant.
Aujourd'hui, je crée des bijoux, je travaille avec les pierres, j'écris sur la magie, les rituels et tout ce qui m'intéresse suffisamment pour que je décide d'en faire quelque chose.
Rien que cette phrase aurait probablement nécessité quelques explications à certaines anciennes versions de moi 😂
Et pourtant, quand je regarde en arrière, je ne vois pas vraiment une succession de personnes différentes.
Je les reconnais toutes.
Je ne veux pas effacer les anciennes versions de moi
On entend parfois parler de « devenir une nouvelle personne », de laisser son ancien soi derrière soi ou de devenir une « meilleure version » de nous-mêmes. Je ne crois pas que ce soit comme ça que je le ressens. Parce que la femme que je suis aujourd'hui n'est pas apparue un matin en remplaçant toutes celles qui l'ont précédée. Elle s'est construite avec elles, avec leurs bonnes décisions et leurs décisions franchement discutables 😅
Avec ce qu'elles ont appris, ce qu'elles ont supporté trop longtemps, ce qu'elles ont quitté, ce qu'elles ont cru, ce dont elles ont changé d'avis.
Et même avec certaines choses qu'elles n'ont comprises que beaucoup plus tard.
Je peux regarder une ancienne version de moi et penser aujourd'hui :
« Mais pourquoi tu as fait ça ? »
C'est même assez facile avec le recul 😂
Mais elle ne savait pas ce que je sais maintenant. Elle décidait avec ce qu'elle connaissait à ce moment-là, avec ses peurs, ses envies, ses blessures, ses certitudes et les possibilités qu'elle voyait devant elle. Je n'ai pas besoin d'être encore d'accord avec elle pour reconnaître qu'elle a été moi.
À 47 ans, j'en découvre encore
C'est peut-être ça qui me fait le plus sourire aujourd'hui.
Quand j'étais plus jeune, j'imaginais probablement qu'à 47 ans on se connaissait parfaitement. À cet âge-là, normalement, on a compris comment on fonctionne.
Voilà.
Dossier classé 😂
Et puis ces derniers mois, des mots comme TSA, TDAH et AuDHD sont venus éclairer autrement des choses que je fais depuis des années. Des réactions, des difficultés, des façons de penser, des comportements que je considérais simplement comme faisant partie de mon caractère.
Et me voilà donc, à presque 47 ans, encore en train de découvrir mon propre mode d'emploi.
Merci l'AuDHD pour le rebondissement scénaristique 😂
Mais curieusement, ces découvertes ne me donnent pas l'impression de devenir quelqu'un d'autre. Elles me permettent plutôt de regarder certaines anciennes versions de moi avec une compréhension différente. Des choses qui semblaient incohérentes trouvent parfois un autre sens et d'autres restent complètement incompréhensibles.
Faut pas demander des miracles non plus... 😅
La labradorite blanche et les passages

Cette semaine, j'ai choisi la labradorite blanche pour accompagner cette réflexion.
Je l'associe aux passages, à l'intuition, aux nouveaux cycles et à cette période particulière où quelque chose change sans que tout ce qui existait avant disparaisse pour autant.
Elle me parle de transformation, mais pas d'effacement.
Et c'est probablement ce qui m'intéresse le plus ici.
Parce que changer ne signifie pas forcément renier la personne que nous étions. On peut ne plus vouloir les mêmes choses, ne plus accepter certaines situations, changer de métier, de projet, d'opinion, de façon de vivre ou simplement de manière de se regarder.
La personne que nous étions n'était pas forcément fausse.
Elle était simplement quelque part plus tôt sur le chemin.
La pierre ne provoque évidemment aucune de ces transformations. Elle devient pour moi un symbole de ces passages, une façon de matérialiser cette idée que l'on peut avancer sans avoir besoin de jeter toutes nos anciennes versions derrière nous.
Elle ne sait toujours pas qui je vais devenir
C'est finalement ce que j'aime le plus en regardant cette photo. Cette petite fille ignore absolument tout de la femme qui est en train d'écrire cet article. Mais moi non plus, aujourd'hui, je ne sais pas exactement qui je serai dans dix ans.
Et c'est peut-être très bien comme ça. Dans deux jours, j'aurai 47 ans, je pourrais faire le bilan de tout ce que j'aurais dû comprendre avant cet âge, de ce que j'aurais dû faire différemment ou de l'endroit où j'imaginais être aujourd'hui.
Mais après avoir passé la semaine dernière à essayer de regarder le chemin déjà parcouru plutôt que celui qu'il reste à faire, ce serait quand même assez ironique 😂
Alors je crois que je préfère regarder cette petite fille et lui laisser le droit de ne rien savoir de la suite. Comme je peux essayer de me laisser ce même droit aujourd'hui.
Toutes ces versions de moi ont été moi.
Aucune n'avait besoin de savoir exactement qui je deviendrais ensuite.
Et celle d'aujourd'hui non plus 🌙







Commentaires